Editorial – Janvier 2026
L’empire romain aime l’ordre : chaque chose à sa place et une place pour chaque chose…
Ou plutôt : chaque personne à sa place et une place pour chaque personne. Et l’empereur y veille
personnellement au point d’organiser un grand recensement. Dieu, au contraire, aime le
désordre : il possède une armée d’anges, mais il n’en connaît pas le nombre, il fait naître un bébé
entre un bœuf et un âne, fait jaillir de la lumière en pleine nuit, et réveille de pauvres bergers
assoupis. C’est un divin tapage nocturne, un glorieux n’importe quoi, un sacré bazar, une
bienheureuse pagaille !Le monde n’aime pas trop cela, alors il ne veut pas laisser trop de place à Dieu… Hérode
ne veut surtout pas lui faire de place dans son palais, encore moins les prêtres dans leur temple.
Même les bonnes gens de Bethléem n’en veulent pas : que voulez-vous ? Ils ont le droit à un peu
de confort et d’intimité ! Et c’est encore vrai aujourd’hui : quelle place laissons-nous à Dieu ?
Quelques centimètres carrés sur une vieille étagère pour accueillir une Bible, quelques minutes
dans notre semaine quand nous n’avons plus rien d’autre à faire…Dieu n’a pas de place dans ce monde, mais Lui, fait de la place à tout le monde. La crèche
attire à elle l’univers entier, les moutons et les étoiles, les anges et les ânes, les rois et les
pauvres, les bergers et les mages, les Juifs et les païens… Bethléem devient le nombril du
monde.
Vous vous sentez parfois de trop, parfois seuls ou même exclus ? Vous avez l’impression
d’être invisibles pour les autres ? Depuis Noël, vous avez une place dans la crèche, une place
dans le cœur de Dieu, une place que personne ne pourra vous enlever !
Bonne année !
