Editorial – Novembre 2025
J’étais là ce jour-là au milieu de la foule. Je m’en souviens comme si c’était hier ! C’était un matin de mai et nous étions assis sur un parterre de primevères… A vrai dire, à l’époque, je n’étais pas très fier d’être au milieu de tous ces gens. J’étais venu par curiosité et aussi parce que ce jeune prophète m’avait touché par sa simplicité. A côté de moi, il y avait Esther avec ses quatre enfants qui pleuraient à tour de rôle et de l’autre côté, Samuel le jeune handicapé qui mendiait à la porte de la synagogue. Je crois même avoir reconnu notre collecteur d’impôts qui s’était déguisé. Bref, il n’y avait pas que des gens recommandables.
Et puis il s’est passé quelque chose d’unique quelque chose qui a bouleversé ma vie pour toujours ! On avait l’impression que Jésus contemplait le Créateur de la terre et des cieux. Il avait les yeux pleins de Dieu, et son cœur débordait et nous inondait de l’eau fraiche du Royaume. De là-haut, on pouvait voir le soleil se refléter dans le lac, et Jésus voyait son Père se refléter en nous. Il était capable de voir Dieu au travail dans nos vies, et ainsi nous devenions
tous ses apprentis. Jésus nous contemplait !Mais c’était une contemplation active. Jésus nous mettait en marche. En route les pauvres de cœurs ! En route ceux qui savent pardonner ! J’avais souvent participé à des pèlerinages pour partir à Jérusalem.
Mais cette fois-ci, nous partions en pèlerinage pour le Ciel ! Et les bagages étaient vite faits : nous portions tout à l’intérieur de nos existences !
Et ce faisant, Jésus nous rassemblait, comme si nous étions une seule famille partant en vacances ! Il posait son regard sur chacun, mais ensuite, son regard nous offrait les uns aux autres. Les assoiffés de justice se mêlaient à ceux qui pleuraient, les artisans de paix partageaient avec ceux qui avaient un cœur pur ! Comme si Jésus faisait un bouquet de fleurs du printemps avec chacune de nos vies ! Nous n’étions plus une foule. Nous étions devenus un peuple ! Dans la voix de Jésus, il y avait beaucoup de soleil mais on pouvait percevoir aussi comme une ombre. Je compris plus tard que c’était l’ombre de la croix. Notre nouveau maître savait voir Dieu même dans une larme ! Il nous faisait comprendre que les difficultés étaient aussi des passages de notre Père dans nos vies…
Il nous faisait sortir de l’amertume pour découvrir la joie qui habite même les épreuves. Aujourd’hui encore, quand un de ses apôtres nous
partage le pain, pour le bénir, il fait dessus le signe de la croix. La crucifixion devient sanctification. La croix nous introduit dans la sainteté !
J’étais présent ce jour-là sur le mont des béatitudes, et vous-aussi vous étiez là, toute l’Eglise était présente. Et Jésus nous a lancés dans la course à la sainteté ! Rien ne pourra plus jamais nous arrêter !Amen !
